NetHack étant la cause principale pour laquelle je poste encore moins qu’avant, je me suis dit que ce serait une bonne raison d’en parler un peu.
NetHack est un Rogue-like, et donc pour comprendre ce que ça veut dire, il faut d’abord que je parle de Rogue.
Rogue donc, est un jeu d’aventure hack & slash où on joue un guerrier qui, afin de pouvoir rejoindre une guilde, a pour mission d’explorer les “Dungeons of Doom” et d’en ramener l’amulette de Yendor. Ça se présente en vue de dessus, avec quelques salles reliées par des couloirs, le tout sur un seul écran fixe.
Mais surtout, tout est en mode texte uniquement.
Et après une description de tous les éléments du jeu (oui, tout y est!), voilà ce que ça donne:
Oui c’est pas très beau, mais Rogue date tout de même de 1980!
Tous les niveaux sont créés aléatoirement ainsi que tous les items. Ces items sont tous non identifiés au début d’une partie: les potions ont différentes couleurs et les parchemins ont des titres dans une langue inconnue. Il faut donc soit boire la potion ou lire le parchemin pour découvrir son effet positif (enchantement d’armure, d’arme, soin, …) ou négatif (aveuglement, paralysie, création de monstre, …) soit… lire un parchemin d’identification. Ce qui n’est évidemment pas simple puisque ce parchemin aussi est inconnu tant qu’il n’a pas été découvert. Si, par exemple, une potion rouge représente une potion de soin, alors toutes les potions rouges de cette partie seront des potions de soin aussi. Mais par contre, une potion rouge pourra très bien être une potion de confusion pour la partie suivante. Il est donc impossible de savoir à l’avance quel sera l’effet d’un item.
L’amulette se trouve au 26eme niveau, et après l’avoir trouver, il faut faire le chemin dans l’autre sens où tous les niveaux sont une nouvelle fois recréés. Et comme il faut bien gagner de l’expérience, il y a 26 différents monstres à trucider, allant de A(quator) à Z(ombie) en passant par B(at), J(abberwock), Q(uagga) ou encore W(raith). Un bestiaire limité qui devient assez vite lassant vu qu’on peut rencontrer la créature la plus forte (Dragon) autour du level 15.
Mais c’est également une des difficultés, car on peut mourir très rapidement, même dans la première salle!
L’autre grosse difficulté est qu’il est impossible de sauvegarder (sauf en quittant le jeu), et que toute mort est définitive. C’est un peu comme jouer à Diablo en mode Hardcore. Voilà pour Rogue.
Ensuite, il y a Hack, publié en 1983. La version originale a “disparue” mais il existe trois versions tirées de la première: hack 121, PDP-11 Hack, et Hack 1.0. C’est cette dernière qui est intéressante puisqu’après quelques patchs, elle donnera naissance à NetHack. Hack 1.0.3 (après les patchs donc) introduit les shops, un pet pour le joueur, la possibilité de choisir entre plusieurs classe ainsi que de jouer un personnage féminin, des items supplémentaires, et de nouveaux monstres maintenant représentés par des lettres majuscules et minuscules.
Et on arrive finalement à NetHack. Hack car tout est reprit de ce jeu, et Net car le jeu a été principalement développé par correspondance sur internet et non pas pour son jeu online inexistant. Son développement a commencé en 1987 et est toujours en cours même si la dernière version (3.4.3) date déjà de décembre 2003.
Contrairement à Rogue, mais pareil que dans Hack, les niveaux (toujours aléatoires) sont permanents, et il est même possible de monter et descendre à volonté. La liste de nouveauté est longue: plus de classes (13 au total), possibilité de choisir une race (humain, elfe, orc, gnome et nain), des religions avec possibilité de prier pour son Dieu et tout ce que ça implique (cadeau ou colère divine), un alignement (loyal, neutre, chaotique), des quêtes unique pour chaque classe, des artifacts (objets uniques), des tonnes d’items et encore plus de nouveaux monstres. Ces derniers, en plus de la majuscule ou minuscule, sont également différenciés par leur couleur, ce qui donne au total prêt de 350 monstres classés dans 58 groupes différents (a-z, A-Z, :, ;, ” ” (espace), ‘, @ et &).
Et depuis la version 3.4.0, il existe une version graphique pour Windows qui peut être moins repoussante pour certains joueurs.
On peut me voir ici au milieu de la salle avec mon pet (un chat) à coté de moi, et à droite, un immense magasin! (un General Store en plus, la grande classe!)
Et voilà la même chose en mode texte, version que je préfère.
Le principe du jeu reste le même: vous êtes envoyé par votre Dieu afin de récupérer l’amulette de Yendor qui a été volé au Créateur par un Dieu rebelle. Pour ça, il faut récupérer plusieurs objets, descendre jusqu’au Sanctum qui se trouve au dernier niveau de Gehennon (les Enfers), vers le niveau -50, puis remonter tous les niveaux afin d’aller dans les cieux pour apporter l’amulette à votre Dieu.
Maintenant que la longue description est terminée, pourquoi ce jeu est-il aussi bien au point d’y jouer plusieurs par jours depuis trois mois? Et bien je n’en sais rien.
Plus sérieusement, je crois que c’est le mélange de difficulté et de profondeur de jeu. Même si NetHack est bien plus équilibré que Rogue, il reste un jeu extrêmement difficile. Le premier monstre rencontré est toujours mortel si on s’y prend mal, ou si on pense que comme c’est le début du jeu, on ne risque rien. C’est là qu’il faut ravaler son orgueil et accepter de laisser un petit chat tuer les ennemis à votre place si vous êtes en difficulté.
Contrairement aux jeux auxquels on est habitué maintenant, on peut ici mourir à chaque instant et de plusieurs manières différentes. Il faut donc s’attendre à mourir très souvent avant de pouvoir dépasser le level 5 pour la première fois.
C’est d’ailleurs une chose assez incroyable la diversité des causes de mort (merde, c’est français ça?). Si on met de côté les décès provoqué pas les monstres, il reste plein de possibilités différentes: empoisonné, écrasé sous un pont levis, tué par son propre sort qui a rebondit sur un mur, tombé dans un trou, mort de faim, tué par son Dieu en colère, noyé, tué suite à l’explosion d’un potion d’acide qu’on a trempé dans l’eau, étouffé… et j’en passe. Quand on se souvient qu’il n’y a pas de sauvegarde, ça peut souvent être horriblement frustrant de mourir parce qu’on a oublié que ce n’était pas une bonne idée de toucher une Cockatrice mains nues.
C’est ce genre de réalisme qui rend le jeu très amusant, surtout qu’il peut arriver la même chose aux monstres. On peut aussi ajouter que les parchemins ont des effets différents si ils sont blessed ou cursed, et si on les lit en étant confused ou pas.
L’autre aspect que j’ai beaucoup aimé, c’est la possibilité de jouer sur un serveur online, en l’occurrence nethack.alt.org. Il n’y alors même plus besoin de télécharger le jeu, tout est stocké sur le serveur, et c’est jouable depuis n’importe quel terminal, il suffit de faire “Telnet nethack.alt.org”, de créer un compte, et voilà.
Plusieurs avantages: Il est d’abord possible de suivre les parties d’autres joueurs ce qui peut être très instructif. Il y a souvent entre 30 et 50 joueurs connectés quelque soit l’heure. Ensuite, toutes les parties sont enregistrées par le serveur et visibles sur le site avec plein de stats: meilleurs scores, les morts les plus stupides, parties de tous les joueurs, etc (mes stats avec la liste de mes parties où on peut voir qu’il m’en a fallu 95 pour terminer le jeu (ascend) la première fois). Autre point intéressant aussi concerne les bones files. En local, quand votre personnage meurt; il y a une chance pour que le niveau complet soit sauvegardé et soit rechargé dans une future partie en atteignant ce même level. Tout est chargé: les monstres qui peuvent être la cause de la mort, mais aussi le fantôme du joueur mort avec tout son équipement. C’est ça un bones files. Sur NAO (nethack.alt.org), on peut donc tomber sur le bones files d’un autre joueur, ce qui peut être une bénédiction si son équipement était bon, et une malédiction si il s’est fait tué par un monstre très puissant, vu qu’il sera toujours là.
En plus de ça, toutes les morts et ascensions sont annoncées sur un chan IRC par un bot (#nethack sur le serveur irc.freenode.org). La communauté y est d’ailleurs très accueillante et il y a toujours quelqu’un pour répondre aux questions, même les plus ridicules et vous pourrez m’y trouver sous le nick d’Imraith, je pourrais aussi vous aider.
Voilà, je pense avoir terminé… si quelqu’un est arrivé jusque là, bravo! Je n’ose pas trop rajouter qu’il existe d’autres variantes comme Slash’EM qui modifie encore plus le jeu, qu’il existe des adaptations de NetHack en 3D iso, ou que…
Quelques liens utiles si vous voulez essayer:
- http://www.nethack.org/ : le site officiel de NetHack
- http://alt.org/nethack/ : le site officiel du server Nethack.alt.org
- http://nethack.wikia.com/ : le Wiki où on peut tout apprendre, énorme spoiler si vous voulez découvrir tout seul
- http://www.statslab.cam.ac.uk/~eva/nethack/spoilerlist.html : une excellente liste de spoilers et d’aides multiples
- http://methpilot.no-ip.org/yasd/ : un bash.org spécialisé sr NetHack
- http://www.nicolaas.net/dudley/index.php : un comics dans l’univers de NetHack








Une question me démange. Est-ce qu’il y a des grues dans NetHack ? :)
de quel genre de grue tu parles? :)
Nethack c’est bien. Dungeon Crawl (et en particulier Stone Soup) c’est mieux :-).
En tout cas, content de voir parler d’un jeu comme celui-là, ce n’est pas trop dans l’air du temps…